Et si je te racontais New York?

Comme vous l’avez sans doute déjà compris avec mes nombreuses publications à ce sujet, je suis partie à NY pour faire le marathon.

Et oui j’ai eu la folie des grandeurs, car encore perchée après mon marathon à Paris en avril dernier (que je raconterais peut-être un jour dans un autre billet) je me suis inscrite sur le mythique marathon de NY.

Je suis passée par un organisme habilité à vendre un package: dossard, hôtel et vols. Car pour obtenir le Saint Graal c’est compliqué. Et si tu n’as pas la chance d’être tiré au sort ou d’être sportif de haut niveau alors pas le choix c’est tour opérator!

J’ai choisi pour ma part l’Amicale Française des Coureurs de Fond qui m’a semblé le plus compétitif niveau rapport qualité/prix. Mais soyons clair, ce voyage m’a quand même coûté un bras (et un rein).

Tout a été relativement simple de ce côté, hormis la compagnie aérienne qui a mis la clé sous la porte un mois avant le départ… Mais nous avons été replacés sur d’autres vols. L’inconvénient principal étant que nous avons fait escale à Francfort à l’aller et au retour alors que nous devions avoir un vol direct…

Je dis « nous » car mon fils (le plus grand qui a 18 ans) est venu avec moi, et rien que celà a rendu ce voyage inoubliable.

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Nous sommes partis le mercredi matin très tôt et sommes arrivés en début de soirée (heure locale) à l’hôtel. Nous avons posé nos valises et sommes allés découvrir le quartier aussitôt. Pas question de perdre une minute car oui, c’est New York!!! Un rêve éveillé, nous étions logés dans un hôtel du quartier Hell’s Kitchen à Manhattan, quartier sympa et idéalement situé.

Après avoir mangé un traditionnel burger et des frites chez Shake Shake nous sommes allés à Times Square.

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Que dire? Un choc, visuel et sonore! Comme une petite provinciale Française que je suis, j’ai été parachutée dans une série américaine. J’ai vécu un rêve éveillé. J’imagine que pour certains cette découverte a été moins « sensationnelle » mais pour moi New York m’a donné cette impression durant tout le séjour. Je suis redevenue une petite fille qui s’est émerveillée à chaque coin de rue, j’ai été enchantée, surprise et toujours heureuse de mes journées.

Le premier jour nous avons eu un temps couvert, ce qui ne nous a pas empêché de monter en haut de l’Empire State Building et d’admirer la vue sur Manhattan.

Nous sommes allés retirer mon dossard, enfin j’avais le précieux sésame entre les mains!

A partir du vendredi nous avons eu un temps magnifique: ciel bleu et soleil.

Nous avons enchainé les visites et ballades: Ground Zéro, Top of the Rock, musée de Madame Tussaud, le pont de Brooklyn, Central Park, Soho, Greenwich, Times Square, Broadway, Madison Square Garden, shopping…

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Nous avons pris le métro, malgré ma peur (oui je sais c’est ridicule…) et franchement nickel le métro New-Yorkais!

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Et enfin le grand jour est arrivé.

Départ à 5h30 le matin après une courte nuit. Le car nous emmène à Staten Island où a lieu le départ, la pression monte, le trajet dure longtemps car nous sommes très nombreux sur la route en direction de la ligne de départ.

Sur place c’est impressionnant, il y a de nombreux policiers et il faut passer un contrôle pour accéder au village du marathon.

Tout est très bien organisé, il y a du café, du thé, des donuts, de la boisson énergétique. Il y a aussi plein de toilettes, je n’en ai jamais vu autant! Mais comme pour toutes courses les files d’attente pour y aller sont immenses…

On peut même trouver un stand « Dog thérapy » où il est possible de caresser des chiens pour se détendre.

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L’attente ne sera pas trop longue car je suis avec 2 autres coureurs et nous patientons ensemble, nous nous séparons une petite heure avant le départ car chacun a un sas de départ différent.

Il y a 3 couleurs de départ: bleu, vert et corail. Pour chacune 4 vagues de départ et enfin 5 sas de A à E.

Les vagues bleues et corail partent sur le pont Verrazano et la vague verte sous le pont. J’ai la chance d’être dans la vague corail et je partirais donc sur le pont.

Les premiers coureurs s’élancent après un coup de canon, je sursaute et je sens déjà l’émotion m’envahir, je sais que cette course va être grandiose et je suis terriblement impatiente de prendre le départ.

J’avais pris d’anciens vêtements pour superposer au dessus de ma tenue de course afin de ne pas avoir froid dans l’attente du départ. Il y a des bacs de collecte où on peut les laisser, ils seront redistribués à des associations caritatives.

Ça y est, c’est le moment, je vais dans mon sas, terrifiée et exaltée à la fois. De nombreuses nationalités sont présentes parmi les coureurs, tous avec un point commun: affronter ce marathon et franchir la ligne d’arrivée à Central Park.

De longues minutes s’écoulent encore et enfin j’y suis, je franchis la ligne de départ, je suis sur le pont, c’est parti pour 42,195 kms ou plutôt pour 26,2 miles.

C’est fou le nombre de personnes qui déjà posent pour des photos sur le pont, de quoi garder un souvenir de cette course. Moi je suis seule alors je me contente de selfies avec en fond Manhattan qu’on aperçoit au loin.

Après presque 3 kms j’arrive à Brooklyn et là c’est le choc émotionnel: tous ces gens qui nous encouragent, nous félicitent, nous tendent la main. Il y a de la musique, des cris, une ambiance extraordinaire. On me l’avait décrit mais le vivre c’est autre chose. Les larmes coulent, je réalise cette chance incroyable que j’ai de faire ce marathon, de vivre la magie de cette aventure. Bordel, je fais la marathon de New-York!!!

 

La traversée de Brooklyn est longue mais je ne vois pas le temps passer, toujours portée par cette ambiance. Je profite de chaque minute, chaque seconde, je me sens bien, aucune difficulté particulière, aucune douleur, ni chaud, ni froid, je suis juste parfaitement bien.

A presque mi parcours je fais une pause pipi (c’est là que j’ai dû perdre de précieuse minutes qui m’ont fait loupé de peu le sub 4h).

Je m’alimente régulièrement: compotes, barres de céréales pour éviter le coup de mou.

Je pense à mes enfants, à mon chéri (qui doit stresser de l’autre côté de l’Atlantique), à mes amis qui me suivent via l’application (une pensée toute particulière à Amélie qui m’a encouragée tout le long, je te kiffe aussi pour ça!), à mes amis qui sont supporters sur place (coucou Marine, Christophe et Fanny), à ceux qui courent aussi ce marathon,  à mon fils qui est là quelque part sur le parcours…

Le Queens puis le fameux pont Queensboro, un moment peut-être un peu plus compliqué car sur les ponts il n’y a pas de supporters, seulement les coureurs, qui à ce stade ressentent de la fatigue, du découragement. D’autant que sur les ponts il y a cet effet montée, associé au bruit des pas qui résonnent.

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Mais pour moi tout va toujours bien,  25 kms parcourus déjà et j’ai reçu un message de mon fils qui me dit qu’il est là, au 16ème miles, à la sortie du pont, je suis tellement heureuse de pouvoir le voir, ç va me rebooster pour continuer sur ma lancée.

Malheureusement je ne l’ai pas vu, ce n’était sans doute pas le meilleur endroit car la foule est dense à la sortie de ce pont.

J’avoue qu’à ce moment j’ai pris un petit coup au moral mais ça n’a pas duré car retour à Manhattan, sur la première avenue, du monde encore, des cris, des sourires, de quoi faire le plein de courage pour affronter cette longue ligne droite de 4 miles qui me mène jusqu’au Bronx.

Pas de mur, pas vraiment de coup de mou, je ne regarde même pas ma montre car je suis juste sur mon nuage, déconnectée, à vivre pleinement mon rêve américain, je n’ai pas réalisé encore que j’allais faire un super chrono.

Mon fils m’envoit un message, il sera au 22ème miles, enfin je vais pouvoir le serrer dans mes bras et refaire le plein d’énergie.

Il est là, juste à l’angle du parc, les larmes me montent à nouveau, je suis tellement heureuse de le voir mon bébé.

Et c’est reparti pour les 4 derniers miles, reboostée à bloc, je me dis que j’ai fait le plus long, qu’il ne me reste que l’équivalent d’un footing et que ça va aller.

C’est seulement vers le 23ème miles que je réalise que je suis en train de faire un super temps mais c’est aussi à ce moment là que la course devient difficile. Heureusement il y a foule sur la 5ème avenue et je garde le rythme. Je reçois encore des messages d’encouragements de mes proches qui me rappellent que la fin est proche, que j’ai fait le plus dur et que je ne dois rien lâcher.

Enfin Central Park, ses côtes, ses virages mais là encore du monde partout, des cris; « go go runners ». Je m’accroche, je maintiens mon allure, j’accélère même sur les deux derniers kilomètres.

Ça y est je la vois, elle est là cette magnifique ligne d’arrivée, je la franchis en pleurant, fière et émue, soulagée et en même temps triste car c’est déjà terminé. Je pense à mon chéri, mes enfants, je reçois encore de nombreux messages de félicitations cette fois.

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On me donne la médaille, je l’ai fait, je l’ai fait en 4h03.

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I did it!!!